TÔT OU TARD C'EST DE L'ART
"Mon travail s'adresse aux amateurs d'art, à ceux qui visitent les musées, galeries et autres lieux représentant l'art du 20 et 21ème siècle. Dans la plus part de mes productions s'enclenche une mécanique contestataire en direction des montreurs d'idoles et des marchands d'icônes. Enfin cette œuvre n'a aucune intention de nuire à l'art." O. Vilaspasa
Le travail de O. Vilaspasa (telle est sa signature) se déploie en deux branches où tout est fabriqué, pensé sur ordinateur mais dont une partie reste virtuelle (Dream 618, Dodecaphonia...) et l’autre partie se décline en œuvres uniques ou multiples imprimées sur papier.
Son art oscille entre deux pôles où il fait s’affronter le plus souvent deux registres stylistiques différents. Ainsi, la « netteté » d’un texte ou d’un motif intrusif nous met face à une contradiction avec les contours « flous » d’une œuvre empruntée au passé. La coexistence de ces deux factures opposées, sinon contradictoires, crée un moment d’ambiguïté. O. Vilaspasa se joue de l’histoire de l’art dont il livre le socle, ou les fondations, au déboulonnage total .
Dans le travail de l’artiste, les mots, les associations d’idées sont partout présents, récurrents, persistants. Les mots ont un rôle. Citons simplement la série des Vanités 1+1 où les mots prévalent sur l’image ou citons encore la série Art Price dans laquelle cette fois-ci les mots seuls construisent l’image. L’iconographie disparaît entièrement ou partiellement au profit du langage.
Déstructurés ou non, les mots s’imposent dans le travail de l’artiste et les mots font une intrusion dans l’art comme le mot « art » fait intrusion dans les mots de la langue française. La série des 6 Dictionnaires est révélatrice de cet art qui est tant vulgarisé qu’il n’a plus lieu d’être nommé, annoncé ou remis en question.
La légère dérive teintée d’humour (In advance to break the art market) et parfois de détachement (Achetez LVMH, Louez YHWH), caractérise le travail sans cesse en devenir d’O. Vilaspasa. Ses motifs « citationnels » sont à la limite de la dérive du « pastiche » et offrent différents degrés de lecture que l’on soit amateur d’art averti ou pas. De la lecture de ses œuvres il faut y revenir encore et encore car un détail souvent nous échappe. Cette présence simultanée de lectures diverses sur une même œuvre génère un public multiple qui saura « tôt ou tard » que tout ce qu’il voit « c’est de l’art » !
Copyright © 2008 O. Vilaspasa




























